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CULTURE DE L’INFORMATION ET WEB 2.0 Quelles formations pour les jeunes générations ? Olivier LE DEUFF (Cersic-Erellif EA 3207, oledeuff@gmail.com)

Notre propos est donc de montrer qu’il faut former à la culture de l’information en intégrant certes les évolutions du web 2.0 mais en aidant surtout les collégiens, les lycéens et les étudiants à se forger un état d’esprit pour qu’ils puissent s’adapter aux évolutions technologiques afin d’en tirer la quintessence.

Néanmoins, le WEB 2.0 permet à l'internaute une plus grande accessibilité et une plus grande intuitivité dans sa recherche d'information et ses possibilités d'expression notamment au sein de la blogosphère. La personnalisation de l'information s'en trouve également considérablement accrue grâce aux Pages d'accueil personnalisées et les flux Rss notamment. Par conséquent les systèmes éducatifs ne peuvent ignorer ces applications et doivent s'interroger sur les manières de les intégrer aux formations de manière efficaces.

En raison de la présence des moteurs de recherche, qui leur garantissent d'obtenir des résultats (fussent-ils non petinents...), les jeunes sont trop confiants dans leur usage d'Internet.

L'information disponible via les moteurs de recherche n'opérant pas selon les mêmes critères et processus de sélection de l'information que peuvent opérer bibliothécaires ou documentalistes, nos élèves et étudiants sont confrontés à une somme d'informations qui bien souvent n'est d'aucun intérêt pour eux. Seulement les indices de popularité des moteurs comme Google peuvent les inciter à se rendre sur un site qui pourtant ne correspondra pas à leur réel besoin d'information. Les annuaires spécialisés voire les portails sont quasi ignorés et la démarche irréfléchie quasi spontanée sur le moteur de recherche conduit régulièrement à des échecs et des erreurs.

La publicité devient de plus en plus difficile à discerner pour l'usager non formé qui ne distingue pas toujours les liens publicitaires des résultats lors de requêtes sur les moteurs.

L'autre pratique qui se développe et qui est parfois qualifiée d'astroturfing, c'est la possibilité de réaliser de fausses recommandations pour un produit afin de convaincre le consommateur de la fiabilité du produit. Le web 2.0 permet de plus en plus de recommander facilement des produits, mais nous pouvons nous interroger sur l'indépendance des usagers et des blogueurs vis-à-vis du produit recommandé ainsi que sur leur réelle capacité de jugement.

Le problème de l'infopollution décrit par les professionnels qui y voient un danger si l'usager n'est pas formé, n'est souvent pas vu, ni ressenti par l'étudiant même si une formation en ce sens leur est dispensée. Pourtant, les risques d'infopollution existent et les « négligences » que nous avons observées ne peuvent que renforcer les manipulations dans la société de l'information.

Il s'agit de faire acquérir aux élèves et étudiants progressivement des capacités d'analyse, de critique, d'évaluation de l'information et d'ouverture d'esprit.

La culture de l'information doit former l'usager à être capable de s'adapter aux nouveaux outils sans quoi nous serions sans cesse dans une course contre la montre. En ce sens la culture de l'information doit être une formation globale ce qui pose le problème des frontières disciplinaires de l'Information Literacy

Il semble que le problème vienne également du fait que ces outils dont les enseignants perçoivent les intérêts scientifiques et pédagogiques ne soient vus par les jeunes générations avant tout comme des moyens de communiquer et de s'amuser.

Nous avons répertoriés ces mésusages voire abusages (Le Coadic 1997) pour les qualifier de « négligences ». Nous utilisons le terme négligence dans son sens étymologique (neg-legere : ne pas lire) car l’origine des erreurs commise provient du fait de non-lecture ou de mauvaise lecture . Nous avons regroupé ces négligences en trois catégories principales : – Non-lecture d’information et de consignes. – Les lectures limitées – Refus de l’effort et manque de méthodologie.