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Rapport du CNNUM : quelles actions concrètes pour les acteurs des bibliothèques publiques? by Mind Map: Rapport du CNNUM : quelles actions
concrètes pour les acteurs des bibliothèques
publiques?
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Rapport du CNNUM : quelles actions concrètes pour les acteurs des bibliothèques publiques?

FAIRE DE LA LITTÉRATIE POUR TOUS, LE SOCLE D’UNE SOCIETE INCLUSIVE

Action‐clé N°1 : Former massivement à la littératie numérique de l’enfance à l’âge avancé

[Responsables : les responsables politiques au plus haut niveau, le ministère de l’éducation nationale, les écoles, les collèges, les lycées, les universités, les grandes écoles, les écoles professionnelles, etc.] Il faut donc : Déployer l’enseignement de la littératie numérique, depuis le primaire jusqu’au lycée, dans toutes les filières. Cet enseignement doit inclure notamment la discipline informatique, mais également toutes les autres composantes d’une véritable culture critique du monde numérique. De la même manière, développer, à l’université, dans les écoles professionnelles, dans les grandes écoles, la culture générale du numérique, au‐delà des simples usages. Expérimenter et déployer des formes modernes d’enseignement, sans doute plus importantes dans ce domaine très évolutif et très « sociétal » : apprentissage par expérimentation, personnel ou en groupe ; e‐learning et Moocs, apprentissage individualisé à partir de contenus ; développement de l’esprit d’exploration et de recherche, et ce, dès le plus jeune âge ; développement de l’esprit de partage, de l’aptitude à la collaboration ; rapprochement de la formation avec les tiers lieux innovants comme les FabLabs, etc.

Exemple : L’enseignement de l’informatique en Grande‐Bretagne. Un nouveau curriculum a été décidé en 2013 par le gouvernement de David Cameron et il a été mis en œuvre avec une très grande rapidité sur tout le territoire. Il affiche des objectifs de littératie pour tous à une échéance de trois ans. Il met l’accent sur les compétences informatiques, plutôt que sur l’apprentissage d’outils comme le traitement de texte. Les enfants du primaire apprennent déjà la programmation, mais il s’agit maintenant que chacun puisse acquérir des compétences multiples, qui lui permettront de réaliser des projets créatifs dans le cadre du numérique. Ainsi, chaque élève apprendra à utiliser et maîtriser les technologies du numérique plutôt qu’en être l’esclave. https://www.gov.uk/government/publications/national‐curriculum‐in‐england‐computing‐programmes‐of‐study

Exemple : L’aventure du savoir : quand le numérique ouvre l’école sur les réseaux savants L’expérience de la classe d’Ange Ansour, à l'école Paul‐Vaillant‐Couturier de Bagneux, montre comment le numérique décuple les possibilités de formation. L’observation d’une fourmilière installée dans un grand bac au cœur de la classe a été la base de tous les apprentissages de l’année. En observant les trajets des fourmis et en apprenant à relever leurs sécrétions, les élèves ont appris à faire une maquette numérique. Les enseignements de calcul, de géométrie, de biologie en ont découlé. L’écriture elle‐aussi a été stimulée par les besoins d’échange issus des questions que se posaient les enfants. Ils ont appris à tenir un carnet de recherche en ligne, à alimenter la base scientifique Vikidia (encyclopédie libre pour enfants), à s’exprimer via un compte Twitter (@classeAnsour #conseildechercheur) suivi par des journalistes scientifiques, des curieux et d’autres classes. Le numérique engage les enfants dans une Knowledge adventure, qui donne tout son poids à une pédagogie ouverte, héritière des pédagogies actives

Développer des dispositifs de médiation numérique orientés vers la culture de l'information pour tous les publics

Action‐clé N°2 : Former au numérique les publics exclus (précaires, migrants, sans‐papiers, détenus, etc.)

[Responsables : les administrations nationales et territoriales, les associations, les entreprises par le biais du mécénat.] Le numérique est essentiel aussi pour ces publics, parfois plus que pour d’autres : il joue, par exemple, un rôle important pour les migrants, dans la préservation du lien social et familial, ou, pour beaucoup de précaires, dans la recherche d’emploi. Pour ces exclus, l’usage des techniques de communication peut se révéler un levier fantastique de transformation de la vie personnelle, et un outil de reconquête de la dignité et l’estime de soi. Mais les tâches de formation s’avèrent souvent complexes. Il faut d’abord être suffisamment « inclus » pour accepter le temps long d’une formation dans un EPN. D’autre part, les associations (ATD Quart Monde, Emmaüs, R2K et bien d’autres) sont loin de couvrir l’ensemble des besoins. Il faut donc réaliser un effort important et spécifique pour la formation de ces publics au numérique. Pour garantir l’exercice des droits et permettre l’insertion, il faut, en s’appuyant notamment sur les espaces de médiation (cf. recommandation n° 4) : Former au numérique, le plus largement possible, sur le long terme, tous les publics exclus qui le demandent. Adopter une démarche « en situation », qui épouse les capacités, s’adresse à de petits groupes, et intègre la complexité sociale. Concentrer des actions de formation dans les lieux de rencontre où s’échangent repas, vêtements, livres ; enrichir ces rencontres avec des « graines » de formation numérique, à l’aide de matériels légers (tablettes et netbooks). Accompagner les formations FLE (Français langue étrangère) avec des ressources numériques, en s’appuyant sur les réseaux de formation ou de RESF (aide aux parents d’enfants parrainés). Développer la culture numérique dans les prisons, et la transformer en un outil essentiel de réinsertion. Une politique de réinsertion ne peut plus ignorer la difficulté de détenus à se représenter le monde Internet, et esquiver leur désir fort de participer au monde numérique.

Exemple : En prison, la littératie numérique des détenus donne un élan pour la réinsertion En 2011 l’espace Cyberbase justice de Gradignan a obtenu un trophée pour son action en faveur de la recherche d’emploi pour les détenus. Depuis, les expériences sont restées rares et les listes d’attentes trop longues. Dans un avis du 20 juin 2011, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté notait que « jamais un juge n’a condamné quelqu’un à être privé d’Internet ».

Exemple : A la Gaîté Lyrique, un libre‐service informatique utile aux migrants sans domicile La Gaîté Lyrique ouvre au public son centre de documentation numérique. Depuis quelque temps, il est fréquenté par un groupe de jeunes Afghans. La documentaliste du lieu, loin de considérer cette occupation comme un détournement, s’est associée à Bibliothèque sans frontières pour s’adapter à ce besoin de lire, en situation de grande urgence, et élargir l’aide possible à des formations numériques utiles.

Développer des dispositifs ciblés pour ces publics

Action N°5 : Constituer des référentiels communs de littératie numérique

[Responsables : les communautés d’acteurs déjà impliquées dans la formation au numérique, en lien avec les collectivités territoriales et l’État] Les différents collectifs qui portent d’ores et déjà des expérimentations ou des méthodes d’apprentissage de la littératie numérique dans les territoires, dans les collèges, sur le temps extrascolaire des écoles primaires, dans les lieux de médiations… peuvent se rassembler pour construire pour co‐construire sur un mode ascendant des référentiels communs de littératie numérique, décrivant les compétences qu’ils souhaitent y voir figurer et les méthodes qu’ils souhaitent diffuser. Ces communautés peuvent se constituer selon les cas autour de proximités géographiques, de publics destinataires ou de milieu d’intervention (entreprise espace de médiation…). Contrairement aux enseignements traditionnels qui peuvent se contenter de révisions à intervalles plus ou moins longs des « programmes », la littératie numérique demande une adaptation constante à la fois de contenu et de méthode en fonction de l’évolution de notre environnement technique, sociologique et économique, ce qui implique que cette révision puisse se faire au fil de l’eau, communauté par communauté de formateurs. À partir de ce travail de mise en réseau pour la co‐construction des référentiels, peut et doit émerger une vision nationale de ce que l’on entend par littératie numérique. Cette stratégie nationale de littératie numérique peut contribuer à stimuler l’Agenda Numérique européen

Participer activement à la définition et à la mise en oeuvre dans le cadre des dispositifs d'accompagnement à la formation initiale et continue auxquels contribuent les bibliothèques

FAIRE DE L'ACCES A INTERNET   ET SES RESSOURCES ESSENTIELLES   UN DROIT EFFECTIF

Action N°1 : Poursuivre une politique ciblée de soutien à l'accès à l'Internet et d'accompagnement des usages

[Responsables : associations, acteurs et lieux de la médiation, avec le soutien de l'État et des collectivités territoriales] Parmi les 20% de Français non‐utilisateurs de l'Internet, une moitié environ subit l'absence de connexion. Plusieurs dizaines de milliers de foyers restent déconnectés, non par choix, mais faute de moyens. Pour d'autres individus, l'accès passera par des lieux publics, spécialisés (les espaces publics numériques, dont nous proposons d'engager une évolution ambitieuse – voir Recommandation 4) ou non (les associations solidaires, etc.). En la matière, chaque situation est spécifique et des actions trop générales (par exemple l'octroi systématique d'une machine à toute une catégorie de population…) risquent à la fois de coûter cher et de ne pas atteindre leurs destinataires. Il semble préférable d'appuyer des initiatives portées par des acteurs au contact étroit des publics en difficulté (Emmaüs, ATD Quart Monde, des associations locales ou communautaires) ou encore, d'accompagner des démarches volontaires des bénéficiaires, comme le font certaines associations qui fournissent un ordinateur reconditionné à la condition que ceux qui le reçoivent passent quelques heures, soit en formation, soit à aider l'association à leur tour. Enfin, toute l'expérience des années passées démontre que l'accès sans accompagnement de l'usage produit peu d'effet : l'action en faveur de l'accès rejoint alors celle en faveur des médiations de proximité.

Exemple : Association Défis Constatant le faible taux d’accès à Internet de la population de Lanester (56), l’association Défis a été créée en 2007 pour éviter que ceci ne constitue un obstacle supplémentaire à l’insertion des personnes défavorisées, au même titre qu’une absence de permis de conduire ou que l’illettrisme. Défis reconditionne, prête et vend des ordinateurs sous logiciels libres aux habitants à faibles revenus. L’association propose également des dispositifs de découverte des potentialités de l’informatique et des usages du Web. Des actions de soutien technique et de prêt de matériel à destination d’autres associations sont également menées. Depuis 2011, l’association anime un portail destiné à mettre en réseau les différents acteurs du reconditionnement et de l’e‐inclusion afin d’augmenter leurs synergies. http://www.defis.info/web/

Offrir des accès à internet dans les meilleurs conditions possibles, sans identification obligatoire et sans filtrage excessif de nature à distinguer les accès depuis des lieux publics des accès depuis des enseignes commerciales connues...

Action n°4 Harmoniser les sites d’accès aux services publics par des interfaces cohérentes

[Responsables : l'État pour la définition de lignes directrices et pour ses propres administrations, les services publics et les collectivités territoriales pour leurs sites] Les services publics15 ont une responsabilité dans le design de l’expérience des interfaces d’accès à leurs services en ligne. L'État se doit de penser son offre de services publics d'une façon qui soit pertinente dans le parcours d'usage des utilisateurs et doit porter une attention particulière à la cohérence de ses interfaces. Quel que soit le service auquel l’usager veut accéder, il doit retrouver les mêmes façons de fonctionner, la même architecture d’information, la même façon de naviguer, le même langage, la même façon de s’adresser au citoyen. L’État doit être garant que l’expérience usager soit simple, efficace et pertinente par rapport au contexte et aux moments où il les utilise. Ceci passe par un programme de refonte de tous les sites d’accès aux services publics, appuyé sur une charte de principes de design et de conception pour les interfaces numériques.

Respect des normes et obligations d'accessibilités sur les sites web

S'APPUYER SUR LE NUMÉRIQUE POUR RENFORCER LE "POUVOIR D'AGIR" DE TOUS LES CITOYENS

Action‐clé N°1 : lancer un grand programme de "codesign" des politiques publiques

[Responsables : État, services publics, collectivités locales] Partout dans le monde et, en France, dans un nombre croissant de villes et de régions, des initiatives repensent le "design" de l’action publique, en s’appuyant sur des pratiques coopéra ves, me ant à contribution les destinataires des services publics ainsi que ceux qui les feront fonctionner au quotidien : concevoir ensemble le lycée ou la maison de santé de demain, revoir le parcours des patients à l'hôpital, construire l'Agenda 2122, etc. L'objectif : se mettre à la place des usagers, imaginer des solutions inédites issues du terrain, insuffler de la créativité et multiplier les points de vue mais aussi, faire partager le projet (et par conséquent son résultat) par ceux qui le vivront ensuite au quotidien, en gage d'efficacité et d'adhésion. Ces méthodes demeurent trop peu connues et peu sollicitées en France, en particulier à l’échelle de l'État. Les politiques d'inclusion d'une part, la transformation numérique des services publics de l'autre, pourraient constituer des terrains d'expérimentation prioritaires.

Exemples : La Transfo et Kafka Brigade Le programme expérimental "La Transfo" de la 27e Région (France) vise à prototyper avec les régions partenaires (PACA, Pays de la Loire, Bourgogne et Champagne‐Ardenne) leurs propres fonc ons de « design & innova on ». À cette fin, une équipe pluridisciplinaire de « résidents » est embarquée pendant 10 semaines sur deux ans au sein de l’administra on régionale. Ces résidents travaillent avec des agents régionaux sur un thème donné, ce qui permet de tester concrètement la future fonction, ses méthodes, son équipe, son inscription dans l’organigramme régional, etc. http://territoiresenresidences.wordpress.com/ Kafka brigade (Pays‐Bas) est une équipe de recherche‐action sans but lucratif qui lutte contre les dysfonctionnements bureaucratiques. Elle intervient également à la demande des responsables politiques ou administratifs pour les aider à dépasser les problèmes bureaucratiques en mobilisant les usagers de ces services. ‐ http://www.kafkabrigade.nl

Développer des logiques participatives dans la conceptions des équipements et des services

Action‐clé N°3 : inventer "l'État‐plateforme" pour outiller numériquement le pouvoir d'agir

[Responsables : l'État (Etalab, SGMAP…) comme organisateur, référenceur et tous les autres acteurs publics nationaux et territoriaux.] En s'engageant dans l'ouverture des données publiques (open data), l'État et les collectivités territoriales favorisent à la fois la transparence démocratique et l'émergence d'initiatives tierces, en matière de services d'information, de connaissance scientifique et de débat public. Ce premier pas doit être suivi d'autres : en matière de transparence, avec la publication dématérialisée des rapports d'expertise qui sous‐tendent la décision publique, des rapports d'évaluation des politiques publiques ou encore, des comptes des organisations qui bénéficient de financements publics. En matière de contenus, en élargissant les frontières de l' open data, le libre accès à la recherche scientifique publique, et le périmètre des œuvres de l’esprit produites sur fonds publics réutilisables, dans le respect des droits de la création. Au‐delà des données, l'ouverture des ressources informatiques publiques devrait aussi s'étendre à certains des programmes informatiques (calcul de droits, information en temps réel, etc.) – au travers d'interfaces de programmation ou "API" –, de manière à permettre à des tiers de produire des représentations ou des services que l'administration ne serait pas en mesure (ou en droit) de proposer.

Développer l'Open data, l'accompagner, supprimer le "copyfraud" dans les politiques patrimoniales, développer le recours aux licences libres pour les contenus. Sensibiliser aux logiques de biens communs de la connaissance notamment via la clause SA (partage à l'identique)

Action‐clé N°4 : augmenter le débat public

[Responsables : l'État (notamment la Commission nationale du débat public), collectivités territoriales, communautés citoyennes, think tanks, communautés de chercheurs…] Les expériences de débat public alliant dispositifs présentiel et en ligne ont su montrer leur intérêt, lorsque les moyens nécessaires à une véritable animation sont donnés. Ce type d’expériences est déjà largement documenté dans le monde scientifique26 mais peine à diffuser dans le monde politique, qui est réticent à la fois pour des raisons financières, de temporalité (la consultation prend du temps) et de peur de perte de pouvoir. Pourtant, dans un monde plus complexe que jamais, ces débats sont indispensables, et constituent une ressource pour la puissance publique. Par ailleurs, le débat public ne s'organise pas nécessairement là où les acteurs publics l'ont choisi. Des associations, des groupes de citoyens, ont su créer des dispositifs efficaces de "voie de retour" entre les citoyens et les institutions (ex : FixMystreet) ou de décryptage et d’analyse de l’offre publique (ex : TheyWorkForYou). Nous proposons : que les dispositifs réglementaires de débat public comportent tous une part numérique et que celle‐ci s'appuie, dans la mesure du possible, sur des plates‐formes existantes et partagées plutôt que des dispositifs ad hoc. que les débats publics soient alimentés en amont (et non pas a posteriori comme c’est le cas actuellement) par des documents ouverts, permettant au citoyen de documenter son choix que la Commission nationale du débat public soit chargée d'animer un travail de capitalisation des expériences passées et à venir, intégrant à la fois les initiatives "officielles" et les initiatives issues du terrain. que les actions en faveur de l'innovation sociale s'intéressent en particulier aux plates-formes de débat public et de remontée d'information, ainsi qu'aux acteurs (médiateurs, associations, etc.) qui forment à l'écriture collaborative, comme c'est le cas dans un trop petit nombre de villes de France

Exemples : FixMystreet, FixMyTransport et TheyWorkForYou Créés par l'association MySociety, FixMyStreet et FixMyTransport permettent aux habitants de faire remonter vers les services concernes des problèmes dans l’espace urbain (chaussée abimée, éclairage défaillant) ou dans les transports (retard, panne), permettant ainsi d’établir un dialogue entre les habitants et les autorités locales. Toujours sous l'impulsion de MySociety, TheyWorkForYou est une expérience menée à l’occasion des élections législatives. Le site a recueilli auprès de milliers d’internautes les prises de positions de chaque candidat sur les problématiques locales de sa circonscription et permet à chaque utilisateur de confronter sa propre opinion à celle des candidats, ainsi que d'engager le débat avec les autres contributeurs du site. ‐ http://www.mysociety.org

Susciter des initiatives citoyennes. Accompagner ces initiatives et les faire connaître par de la documentation, des partenariats, des dispositifs de médiation numérique et des services d'accueil, d'accompagnement de mise à disposition de salles dans les bibliothèques

RÉINVENTER LES MÉDIATIONS À L'ÈRE NUMÉRIQUE

Point d'appui N°1 : définir une stratégie moderne de présence des services publics

[Responsables : État, grands réseaux de service, collectivités locales] Aujourd'hui, face à la contrainte budgétaire, chaque administration gère séparément la réduction de sa présence physique, en négociant au cas par cas selon le degré de résistance des élus ou des populations. Demain, le gouvernement pourrait exiger des services publics d'État d'assurer une présence de proximité sur tout le territoire, compatible avec la contrainte budgétaire. Comment ? Par la mutualisation des lieux, des moyens techniques (informatiques notamment), voire des personnels d'accueil, à la fois dans des lieux d'accueil physique et (comme cela se pratique déjà) dans des plates‐formes en ligne ou téléphoniques. Il existe plusieurs manières d'aller dans cette direction, dont certaines s'expérimentent déjà : Maisons de services publics, contractualisation avec des réseaux existants (ex. La Poste) ou avec des associations, évolution du rôle de certains espaces publics numériques, etc.

Exemple : Le Conseil général du Lot Le Conseil général du Lot, en s’appuyant sur son réseau de 110 EPN, a monté des projets en partenariat avec Pôle Emploi, des établissements pour personnes handicapées et des maisons de retraite. Les médiateurs numériques ont ainsi été identifiés comme personnes ressources pour le territoire et les partenaires. Par ailleurs, en milieu rural, 12 relais de service public dont 8 dotés de points visio publics, ont été installés : ils permettent aux usagers de mener des entretiens à distance et d’être accompagnés dans leurs démarches administratives. 12 services publics sont présents dans ces dispositifs. ‐ http://www.lot.fr/cg_tic.php en propre, par exemple parce que ses usagers ne seraient pas en mesure de payer et que le bénéfice pour les entreprises serait trop indirect (on parle d'"externalités positives"). Ainsi, le fait que des espaces collectifs aident des gens, notamment grâce au numérique, à améliorer leur "employabilité" bénéficie clairement à l'économie, mais ni les bénéficiaires, ni les entreprises ne le paieront de manière directe.

Participer activement à la mise en réseau territoriale entre services publics

Point d'appui N°2 : prendre appui sur la richesse des initiatives de terrain

[Responsables : une coordination multi partenariale et en réseau, co‐pilotée par l'État, les territoires et les acteurs associatifs, articulée à différentes échelles nationale, régionale, locale…] Sous l'impulsion des collectivités locales, des associations, d'agents des fonctions publiques nationale et territoriale, parfois d'entreprises, une multitude d'initiatives explorent déjà le potentiel de médiations et d'espaces de proximité divers, mutualisés, adaptés aux réalités des populations locales. Elles constituent un trésor d'expériences, de références, de compétences, qui peut faire gagner énormément de temps. En revanche, ces initiatives souffrent de fortes disparités d’un territoire à l’autre (dans beaucoup de territoires on assiste à une réduction des moyens d’accompagnement) et demeurent trop souvent enfermées dans leurs "silos" institutionnels, territoriaux, thématiques : la médiathèque ne connaît pas les utilisateurs de l'EPN (espace public numérique) voisin, les médiateurs d'une région n'ont pas de facilité particulière à exercer le même métier dans une autre région ou un autre réseau, les différents réseaux ne partagent ni information, ni ressources… Les deux points d'appui qui suivent visent à remédier à cette situation.

Quel avenir pour les Espaces Publics Numériques ? Différents lieux ont, dans le passé, porté une fonc on de forma on et d'accompagnement aux usages du numérique : lieux associa fs, médiathèques, foyers de jeunes travailleurs, centres culturels, etc. Dans ce e diversité́, le réseau des EPN a joué un rôle par culièrement ac f et positif. Mais sa vocation numérique ne se suffit plus à elle‐même. De nombreux EPN ont anticipé cette évolution, accueilli de nouveaux publics, assumé de nouveaux rôles. Mais il manque aujourd'hui une vision stratégique de leurs évolutions possibles et ce manque pèse sur le réseau : manque de reconnaissance, absence de perspective pour des animateurs parfois enfermés dans les "contrats aidés" et contraints de changer de métier quand ces contrats se terminent, "ghettoïsation numérique" alors même que d'autres besoins se font sentir sur le terrain, parfois baisse des financements, etc. Nous considérons qu'aujourd'hui, le réseau des EPN a montré sa capacité à inventer des formes de médiation à l'ère numérique, au‐delà de la formation. Il constitue l'un des actifs sur lesquels une stratégie de développement des médiations doit s'appuyer. Mais il doit faire évoluer ses fonctions.

De renommer symboliquement les EPN en " espaces de médiation et d’innovation sociale" (EMIS), ce qui permettrait à la fois d’affirmer la réorientation stratégique de ces lieux et d’ouvrir l’accès au label à d’autres lieux qui ne s’iden fiaient pas jusqu’ici au label EPN tout en portant des fonctions proches.

D'identifier deux types de fonction pour ces lieux et ceux qui les animent :,  Une fonction au service des autres médiateurs du territoire, souvent mal équipés et mal formés au numérique, en particulier une fonction d’animation de réseau, capitale dans une logique de passage à l’échelle.,  Une fonction au contact du public, au sein du réseau des espaces de proximité du territoire, qui s'appuie sur leur équipement numérique pour proposer une grande diversité d'activités et de services, éventuellement variables dans la journée, la semaine, l'année : formation (pas seulement au numérique), télétravail, médiation d'accès aux services administratifs, recherche d'emploi, accueil d'associations et de projets, etc.

Intégrer pleinement les fonctions des EPN dans les bibliothèques pour les territoires qui en sont dépourvus ou tisser d'étroits partenariats avec le réseau des EPN existants. Faire des bibliothèques des "espaces de médiation et d'innovation sociales"

Point d'appui N°3 : organiser à l'échelle des territoires le réseau des lieux partagés

[Responsables : les collectivités territoriales, sans doute sous l'égide des régions] La "proximité" prend un sens différent selon la nature des bassins de vie, ruraux, urbains, périurbains. Elle est différente pour un cadre bien équipé, un étudiant mal logé et sans automobile, une famille nombreuse vivant en cité, un SDF, etc. L'enjeu, pour chaque territoire, est d'organiser cette "nouvelle proximité" à partir d'un maillage d'espaces partagés, multifonctions, flexibles, répondant dans des proportions variables à trois grandes catégories de besoins: l'accès aux services essentiels, l'apprentissage, la création et le développement de projets individuels ou collectifs. Ces lieux ne sont pas tous publics, ils peuvent être privés ou associatifs ; s'ils appartiennent au patrimoine public, il peut s'agir de celui de l'État, d'une entreprise publique, de diverses collectivités territoriales. L'enjeu est alors d'en organiser le maillage, jusqu'à l'échelle des bassins de vie, ainsi que la collaboration au sein de ces bassins, mais aussi entre eux. Ainsi, des médiateurs peuvent être amenés à circuler entre ces espaces pour se rapprocher de leurs publics, l'habitué d'un espace de "coworking" sera invité à se rendre à la Maison de service public pour mener une démarche administrative… Cette stratégie doit aussi s'appuyer sur la construction d'une image : nous proposons ainsi de créer une signalétique commune des espaces partagés, capable à la fois d'en permettre l'identification et d'aider les usagers à comprendre les fonctions que propose chaque espace.

Exemples : Le Centre de culture numérique de l’université de Strasbourg et Citilab Le Centre de culture numérique de l'université de Strasbourg est un lieu hybride et ouvert, où se croisent les communautés, les usages et les dynamiques. Formations, conférences, ateliers ou discussions autour d’un café. Cet espace flexible a pour volonté affichée de "construire et rendre visibles les fondements d’une culture numérique partagée". Il comprend un espace de travail partagé, un espace de forma on, un espace de travail collabora f qui permet, sur réserva on, de disposer d’un matériel adapté et innovant pour un travail de groupe en présence ou à distance, un espace de démonstration d’outils ou de services et enfin des amphithéâtres qui accueillent régulièrement des conférences et autres débats. https://services-numeriques.unistra.fr/culture-numerique/centre-de-culture-numerique.html Citilab est un centre d'innova on sociale et numérique situé à Barcelone. A la fois centre de formation, laboratoire de recherche et incubateur d'innovations sociales, Citilab s'intéresse aux effets du numérique sur la pensée créative, l'innovation, la culture et la ville. Ce projet a débuté en 1997 autour de l'idée que la technologie numérique et Internet en par culier, est un moyen d'innover davantage axé vers les citoyens. Installé dans un lieu physique à par r de 2007, Citilab se pense comme un centre d'innovation citoyen numérique pour la diffusion et la promo on de la société́ de la connaissance. ‐ http://citilab.eu/

Prendre exemple sur l'ouverture et l'accompagnement de ces lieux pour concevoir les services des bibliothèques et/ou tisser d'étroits partenariats

Point d'appui N°4 : reconnaître les métiers de la médiation

[Responsables : l'État pour les référentiels métiers et la carrière de ses agents, les entreprises et les territoires pour leurs propres agents, les partenaires sociaux] Tous ces dispositifs sont gérés par ce que l'on peut désigner de manière générale comme des "médiateurs" : conseils, accompagnateurs, intermédiaires, agrégateurs, animateurs. Ils facilitent l'accès, décloisonnent les dispositifs au nom des individus qui en ont besoin, ils mettent en relation (les gens entre eux, les gens et les informations, les gens et les organisations, etc.) Ces médiateurs appartiennent au minimum à quatre catégories : les agents d'accueil et conseillers qui existent aujourd'hui dans plusieurs lieux d'accueil du public gérés par des administrations, des collectivités locales ou des entreprises les médiateurs du domaine social, qui jouent une grande variété de rôles d'aide, de soutien, d'accompagnement auprès de publics en difficulté ; les médiateurs du "lien social", dont le rôle principal est d'aider les gens à accomplir des choses pour eux‐mêmes ou ensemble ; les médiateurs numériques, qui ont depuis des années dépassé leur fonction initiale de formation au numérique pour jouer également un ou plusieurs des rôles décrits ci‐dessus. Ces fonctions sont, et resteront, essentielles, mais ceux qui les assurent ne bénéficient généralement pas d'une grande reconnaissance et encore moins de perspectives professionnelles. Elles tendent à se rapprocher sans toutefois se confondre, mais toutes ont besoin des autres et toutes nécessitent des compétences de plus en plus importantes. Il serait alors possible d'organiser à la fois des formations, des collaborations, des rencontres, des passerelles et par conséquent, des itinéraires professionnels au sein de chacune de ces "filières" et sans doute aussi entre elles

Exemple : La ville de Brest Dès 1997, la ville de Brest engage une poltique à la fois volontariste et progressive (en accompagnement des acteurs au fur et à mesure de leur implica on) pour favoriser une équité́ d'accès aux usages d'Internet sur le territoire. Ce e poli que répond à des enjeux de cohésion sociale et de solidarité territoriale. Ainsi, sont ini és les points d'accès publics à Internet (PAPI) dans tous les quar ers en s’appuyant sur les associa ons, les infrastructures existantes, les bibliothèques et les antennes de la mairie. Caractérisé par la proximité́, la gratuité des services et l'accompagnement, un réseau de 105 lieux d'accès publics maille aujourd'hui la ville avec une fréquentation qui ne diminue pas. Les nouvelles demandes reçues (une demi‐douzaine par an) émanent majoritairement de structures sociales accueillant des personnes très fragilisées : le CHRS du Port, les Restos du cœur, des associations d'hébergement ou d'accueil de jour des publics… L'originalité du dispositif repose sur l'intégration des accès dans des lieux ordinaires fréquentés par les publics

Reconnaître les fonctions de médiation numérique dans les bibliothèques, les valoriser et prendre en compte les besoins de coordination propres à la mise en oeuvre de dispositifs de médiation. Développer les partenariats et les liens avec d'autres médiateurs par exemple depuis des dispositifs mis en oeuvre par les bibliothèques.

Point d'appui N°5 : organiser et animer l’échange d’expériences, la capitalisation entre les acteurs de la médiation

[Responsables : l'État en s’appuyant sur un réseau déconcentré d’acteurs] Les acteurs des médiations éprouvent un besoin d’échanger sur leurs expériences, de mutualiser sur leurs réussites et leurs échecs, d’aller voir ce qui se fait dans d’autres territoires, avec d’autres réseaux. Cet échange appelle une animation et une coordination. Mais le rôle de l’État et des acteurs territoriaux n’est pas tant de centraliser ces fonctions de partage que d’aider à organiser un maillage, d’installer les conditions nécessaires au décloisonnement et à la mutualisation. La Délégation aux usages de l'Internet (DUI) a mis en place une plateforme destinée au réseau des EPN. Faute de moyens, elle n’a pas pu porter véritablement le travail d’animation et de mise en place d’une dynamique collaborative. Nous avons besoin aujourd’hui de pouvoir appuyer le réseau des médiations (qui ne se limite pas aux EPN) sur une organisation déconcentrée, disposant d'une réelle capacité d'animation et de mutualisation, avec des relais dans les territoires qui puissent organiser ce maillage entre les bassins de vie.

Exemple : Avec le projet MIREIA, la Commission européenne élabore une cartographie des acteurs européens de l’e‐inclusion « MIERIA » pour « Measuring the Impact of e‐inclusion actors on Digital Literacy, Skills and inclusion goals of the Digital Agenda for Europe » cherche à produire les outils permettant d’identifier les initiatives menées en matière de e‐inclusion et de valoriser leurs résultats. Une première partie de l’étude a consisté à recenser l’ensemble des télécentres, bibliothèques et autres acteurs de l’e-inclusion en Europe, et s’est achevée février 2013. Le rapport préliminaire a été présenté lors du 5ème congrès européen de l’e‐inclusion « Les intermédiaires numériques pour l’Europe », octobre 2013, et la présentation du rapport final du rapport aura lieu en décembre 2013. ‐ http://is.jrc.ec.europa.eu/pages/EAP/e‐inclusion/MIREIA.html

Participer activement aux communautés de pratiques avec des structures territoriales, publiques, associative ou privées dès lors qu'elles rencontres des objectifs d'e-inclusion

L’EMPLOI NUMÉRIQUE : OUVRIR LA PORTE AUX 900 000 JEUNES A LA DÉRIVE

Action N°1 : Changer le regard sur les emplois numériques et les profils « jeunes »

[Responsables : Pôle emploi, CAP Emploi, Missions locales…] Pôle Emploi doit être au cœur de l’action, dans l’identification des publics cibles, dans la veille sur les nouveaux métiers, avec les missions locales et Cap Emploi. Il faut donner aux acteurs de l’emploi et de l’insertion une meilleure compréhension des métiers du numérique et des compétences nécessaires à ces métiers. Elles ont besoin pour cela de travailler en réseau avec des entreprises : cela passe par une meilleure connaissance des profils et aussi un meilleur signalement des offres. Le ROME des compétences numériques doit être revu avec les professionnels de la filière, pour permettre aux conseillers d’être à jour sur les compétences techniques, relationnelles et culturelles nécessaires à l’exercice de ces métiers. Il faut que l’information sur les opportunités et les besoins se fasse sans relâche, en temps réel. Un kit interactif destiné aux professionnels de l’emploi (Pôle Emploi, intérim, insertion) et actualisé par les professionnels du numérique aiderait ce travail en réseau et mettrait constamment en lumière les métiers du numérique spécialement attractifs pour les jeunes. Vu l’urgence et l’importance des enjeux, Pôle emploi doit examiner la pertinence d’une filière d’agents dédiés à cette priorité et spécialisés dans les bassins d’emploi urbains. Des moyens et outils spécifiques doivent être mobilisés pour être au plus près du numérique et s’assurer que le numérique se développe en associant les publics en difficulté. Un préalable est de faciliter le travail même des missions d’insertion en améliorant le design des services numériques nécessaires à ce travail en réseau

Accompagner la prise en compte de ces enjeux par de la documentation, des partenariats, des dispositifs de médiation numérique et des services d'accueil, d'accompagnement de mise à disposition de salles dans les bibliothèques

AIDER LES DÉCIDEURS A EMBRASSER LES ENJEUX SOCIAUX ET POLITIQUES DU NUMÉRIQUE

Action N° 2 : mettre en place des référentiels en contenu ouvert comme support de ces formations

[Responsables : État, universités, ISFCT, CNFPT, ESEN, IEP, ENA, GRETA etc. ] La réalisation de ce référentiel et de ces contenus ouverts ferait l'objet d'appels d'offres permettant d'offrir un panel de modules réutilisables localement et en proximité par les associations et structures de formation. Une part sera faite dans ces contenus à des formations hybrides (en présentiel et à distance), mettant élus et décideurs en situation d'utiliser les outils collaboratifs de formation ouverte. Ce même référentiel et ces contenus pourraient être réutilisés et adaptés par tous les organismes qui proposent des formations aux élus, en lien avec le Conseil national de la formation des élus locaux (CNFEL), les associations d’élus, la Caisse des Dépôts etc. Les organismes de formation des élus sont pour la plupart rattachés à des partis politiques. Pour l’heure, ils traitent des questions liées au numérique essentiellement sous deux angles : les infrastructures et la communication politique en ligne. Pour dépasser cette approche réductrice, une diffusion de contenus ouverts encouragerait ces organismes à s’en emparer, quitte à les adapter en fonction de la sensibilité propre à leur famille politique. Ce serait une manière indirecte de nourrir les débats sur ces thèmes, d’enrichir les débats et de leur donner une visibilité politique qui leur fait actuellement cruellement défaut. Si l’on veut que ces formations se diffusent largement, notamment par le biais des différents organismes de formation des élus, il faut que ces contenus soient disponibles sous une licence autorisant largement leur réutilisation.

Proposer des plateformes permettant d'héberger, de gérer et de diffuser ces contenus pédagogiques ouverts

Action N°3 : Renforcer dans la formation des futurs cadres d’entreprises les réflexions sur la relation science, technologie et société

[Responsables : État, universités, écoles d’ingénieurs, écoles de commerce, IEP etc.] Les écoles d’ingénieurs forment des experts dans des domaines techniques variés. Peu d’entre elles intègrent un module permettant aux futurs diplômés de prendre du recul sur la relation entre science, technique et société. Or les technologies qu’ils produiront demain, notamment les technologies numériques, participent de la manière dont la société construit son « vivre ensemble ». Par exemple, le fait de développer des technologies qui contribuent à des logiques de surveillance (capteurs, drones, caméras, etc.) n’est pas neutre. Loin des positions normatives qui sont parfois promues par les industries qui vivent de ces innovations, les formations doivent inclure : Un module de décryptage des controverses liées à ces découvertes et ces innovations. Une réflexion sur le design des technologies qui participent d’une société plus inclusive. Les écoles de commerce ont également un rôle à jouer pour préparer les managers à l’accompagnement au changement lié à l’introduction de technologies nouvelles, en particulier numériques, dans une entreprise. Au‐delà de la mise en place des formations métiers ad hoc, il s’agit de les préparer à : Décrypter en amont les changements que cela induit dans l’organisation de l’entreprise Comprendre les impacts du numérique, dans la relation multicanale aux Clients, et ce que cela induit en matière de "nouvelle relation client" Tirer le meilleur parti de ces changements, par exemple, en qualité des coopérations, en simplification du travail et des décisions, en décloisonnement des services, en qualité de vie des salariés, etc.

Exemple : cours de cartographie des controverses scientifiques Au milieu des années 1990 Bruno Latour a initié à l’École des Mines de Paris, un cours de cartographie des controverses scientifiques, avec pour ambition générale de montrer aux futurs ingénieurs qu’ils peuvent penser conjointement la science et la politique. Depuis la méthode a été reprise par différentes universités et grandes écoles européennes, dont l’IEP de Paris, les Mines ParisTech, Télécom Paris Tech, mais aussi le MIT aux États‐Unis. En groupe de 5 ou 6, les étudiants doivent explorer à fond une controverse scientifique ou technique pour, au final, s’il n’y a pas eu de pugilat au sein du groupe, la cartographier le plus clairement et efficacement possible en un site web, présenté lors d’une soutenance à la fin de l’année. L’exercice de « cartographie des controverses » s’assimile à bien des égards à une expérience de recherche au cours de laquelle les étudiants prennent le temps de réfléchir en profondeur à un sujet qu’ils choisissent et qu’ils problématisent eux‐mêmes. Ils doivent ensuite chercher à comprendre les positions de chaque acteur en examinant soigneusement ce qui les fonde, en recourant pour cela à différentes méthodes, aussi bien qualitatives que quantitatives. Sources : http://www.sciencespo.fr/edc/en/blog/controverses‐episode‐i http://controverses.sciences‐po.fr/archiveindex/

Sensibiliser les décideurs et les élus par la mise à disposition de contenus via des dispoisitifs de médiation numérique ouverts. Réaliser des cartographies des controverses!

DISPOSER D'INDICATEURS ADAPTES A L'ÉTAT ACTUEL DES SOCIÉTÉS NUMÉRIQUES ET AUX NOUVEAUX OBJECTIFS D'E‐INCLUSION

Action numéro 1 : Créer des indicateurs d'e-inclusion

À court terme, capitaliser sur les efforts existants pour définir rapidement une série de 5 à 10 indicateurs "open source", relativement faciles à mettre en œuvre dans le cadre d'enquêtes, et inviter toutes sortes d'acteurs à les mesurer "en réseau", chacun à son échelle (nationale, régionale, locale, voire plus fine). Ce travail, qui pourrait être coordonné par l'Observatoire du numérique, l'Insee ou une structure équivalente30, doit s'attacher à reconnaître les travaux existants et ceux qui les ont conduits, et se concevoir comme un effort continu, renouvelant et étendant sans cesse le partage d'expériences. Afin d'être pleinement appropriables par les acteurs, tant la définition des indicateurs que leurs valeurs doivent être disponibles sous la forme de données ouvertes.

Favoriser le développement de "labels" valorisant des initiatives collectives en matière numérique, ou l'évolution des labels existants (« Ville Internet », « NetPublic »), de manière à stimuler l'innovation décentralisée en la matière. Exemples : Les labels « NetPublic » et « Villes Internet » Le Label « NetPublic » a été élaboré par la Délégation aux usages de l'Internet (DUI), en partenariat avec les collectivités territoriales. Un portail généraliste (www.netpublic.fr) est associé à ce label. Le Label « Villes Internet » (http://www.villes‐Internet.net) est attribué aux collectivités locales qui mettent en œuvre une politique significative de démocratisation des TIC et de leurs usages citoyens. Ces deux labels sont attribués sur la base de critères prédéfinis.

Intégrer les bibliothèques dans ces labels de manière à garantir des accès publics à internet fiables, anonyme et accompagnés. Intégrer les indicateurs de e-inclusion dans les normes AFNOR et les dispositifs locaux d'évaluation concernant les bibliothèques

Carte proposée par Silvère Mercier à partir du Rapport du CNNUM sur l'e-inclusion

Voir la carte complète des propositions du rapport