Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875

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Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875 by Mind Map: Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875

1. 1. L'essor du socialisme et du mouvement ouvrier en Allemagne (1875-1918)

1.1. Le développement du socialisme et du mouvement ouvrier est né de l'industrialisation

1.1.1. Industrialisation rapide de l'Allemagne dans la deuxième moitié du XIXe s.

1.1.1.1. Une industrialisation plus tardive qu'en Angleterre ou qu'en France

1.1.1.2. Mais un rattrapage au milieu du XIXe s. permis par l'union douanière (Zollverein, 1833)

1.1.1.3. Le rôle essentiel de l'unification allemande (1871)

1.1.2. Gérer les conséquences sociales de l'industrialisation

1.1.2.1. Apparition d'une classe ouvrière nombreuse (1882 = 7 M, 1911 = 11 M)

1.1.2.2. Des conditions de travail et de vie précaires

1.1.2.3. Les crises économiques qui frappent les ouvriers (chômage, misère)

1.1.3. Pour améliorer les conditions de vie de ces ouvriers, les socialistes allemands s'unissent en 1875 au congrès de Gotha

1.1.3.1. C'est l'union entre les mouvements de Friedrich Ebert et de Wilhelm Liebknecht

1.1.3.2. Succès politique du Parti Socialiste Ouvrier qui devient le premier parti

1.1.3.3. Une union aussi du côté des syndicats en une seule confédération (1892)

1.1.3.4. Mais une influence politique limitée par le régime impérial et la domination de l'aristocratie prussienne

1.2. La montée du socialisme permet indirectement l'amélioration de la condition ouvrière

1.2.1. Indirectement : le chancelier Bismarck, pour tenter de détourner les ouvriers des socialistes, promulgue des lois sociales

1.2.1.1. Une première protection contre la maladie (1883)

1.2.1.2. Assurance contre les accidents du travail (1884)

1.2.1.3. Assurance vieillesse (1889)

1.2.2. Malgré ces lois sociales, qui forment le Sozialstadt allemand, Bismarck échoue à marginaliser les socialisates

1.2.2.1. Les socialistes, interdits de se présenter aux élections, se présentent sans étiquette

1.2.2.2. Le nouvel empereur Guillaume II en 1888 empêche Bismarck d'utiliser la force

1.3. Cependant les syndicats et les mouvements socialistes s'opposent sur les moyens d'améliorer le sort des ouvriers

1.3.1. Les marxistes et leur leader Rosa Luxemburg

1.3.1.1. Ils veulent appliquer strictement le programme de Marx et Engels

1.3.1.2. Révolution pour renverser le capitalisme

1.3.1.3. Après une phase de dictature du prolétariat, abolition des classes et du salariat : la société communiste

1.3.1.4. La "nation" est une invention des bourgeois pour diviser les peuples ; la révolution doit être internationale

1.3.1.4.1. Les marxistes sont donc opposés à la guerre, qu'ils considèrent comme une manipulation des capitalistes pour s'enrichir

1.3.2. Les réformistes et leur leader Eduard Bernstein

1.3.2.1. Améliorer le sort des ouvriers passe par respecter le jeu démocratique

1.3.2.2. Il faut s'imposer dans les élections et changer la société par les lois

1.3.2.3. L'ouvrier est membre de la communauté nationale, il doit défendre sa patrie

1.3.2.3.1. Les réformistes sont donc favorables à la guerre

1.3.3. La division s'accentue à partir des années 1890 et l'union éclate en 1914

1.3.3.1. 1891 : au congrès d'Erfurt, le parti renommé SPD maintient difficilement l'union

1.3.3.1.1. On maintient les références marxistes tout en privilégiant la voie parlementaire

1.3.3.2. 1899 : Bernstein réclame que le parti prenne ses distances avec le marxisme

1.3.3.3. août 1914 : les députés du SPD votent majoritairement pour les crédits de guerre

1.3.3.3.1. C'est le signe que les réformistes sont majoritaires au SPD

1.3.3.3.2. Rosa Luxemburg et les marxistes sont peu à peu contraints au départ

2. 2. La rupture des mouvements socialistes et l'émergence de la social-démocratie de 1918 à 1933

2.1. La révolution spartakiste et sa répression marquent le divorce définitif entre marxistes et réformistes

2.1.1. 9 novembre 1918 : chute de l'Empire et proclamation de la République. Marxistes et réformistes s'opposent sur la nature du nouveau régime

2.1.1.1. Pour les réformistes, la nouvelle république doit être parlementaire et respecter l'ordre économique et social capitaliste

2.1.1.2. Pour les marxistes, la nouvelle république doit être révolutionnaire et imiter la Révolution russe lancée l'année précédente (1917)

2.1.2. Les marxistes fondent la ligue spartakiste et le KPD (Kommunistische Partei Deutschlands) avec pour but d'étendre la révolution bolchévique à l'Allemagne

2.1.2.1. En janviers 1918, les spartakistes mènent une série d'actions révolutionnaires qui paralysent les grands centres industriels

2.1.3. Le gouvernement réformiste fait appel à l'armée et réprime la révolte spartakiste dans le sang

2.1.3.1. Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg et des centaines d'ouvriers sont exécutés par les corps-francs, groupes de soldats d'extrême-droite socialisés par la violence

2.2. Les réformistes détiennent le pouvoir de 1919 à 1930 et peuvent élaborer le projet de la social-démocratie

2.2.1. Intégration des syndicats à la gestion des entreprises (1920)

2.2.2. Approfondissement de la protection sociale (assurance chômage en 1927)

2.3. La montée du nazisme suspend les projets des réformistes

2.3.1. Staline, au pouvoir en URSS depuis 1924, interdit aux communistes européens toute alliance avec les "sociaux-traîtres"

2.3.2. La division de la gauche entre socialistes réformistes (SPD) et marxistes (KPD) permet au parti nazi de remporter les élections en 1933

2.3.3. Immédiatement à son arrivée au pouvoir, Hitler emprisonne les cadres du SPD et du KPD au camp de Dachau et fait remplacer les syndicats par un Front du Travail nazi

3. 3. La division de l'Allemagne pendant la guerre froide et la réunification marquent la mise en place de la social-démocratie

3.1. Après la SGm, l'Allemagne est divisée en deux zones d'occupation qui deviennent deux États aux régimes socialistes opposés

3.1.1. D'un côté l'Allemagne de l'Ouest (RFA), où les socialistes réformistes dominent durant l'essentiel de la guerre froide

3.1.1.1. Le parti communiste est interdit

3.1.1.2. 1959 : au congrès de Bad Godesberg, le SPD affirme la conversion à l'économie de marché et à la démocratie, contre le modèle soviétique

3.1.1.2.1. Il s'agit de diriger l'économie de marché vers une gestion plus équitable pour les salariés

3.1.1.2.2. Cogestion : les syndicats des ouvriers et du patronat négocient à égalité à la tête des entreprises

3.1.1.3. Le SPD remporte d'importants succès électoraux, notamment en 1966 lorsque Willy Brandt devient chancelier, puis Helmut Schmidt en 1974

3.1.2. D'un autre côté l'Allemagne de l'Est (RDA), régime totalitaire à parti unique sur le modèle soviétique

3.1.2.1. Il n'existe qu'un seul parti, le SED né de la fusion du SPD et du KPD. En réalité, les idées réformistes sont interdites car "contre-révolutionnaires"

3.1.2.2. Il s'agit de copier le modèle soviétique, établir une société communiste sans classe sociale

3.1.2.2.1. Abolition de la propriété privée

3.1.2.2.2. Économie étatisée et planifiée

3.1.2.3. Les Allemands de l'Est s'opposent à ce régime, notamment à ses débuts

3.1.2.3.1. 1953 : manifestations des ouvriers et de la jeunesse réprimées dans le sang par l'armée soviétique

3.2. La réunification et l'adaptation à la mondialisation entraîne un basculement libéral du SPD

3.2.1. La réunification voit le recul du SPD et la quasi-disparition des communistes

3.2.1.1. Les communistes sont complètement discrédités après la chute de la RDA, le SED est dissout

3.2.1.2. L'électorat reproche au SPD d'avoir ralenti le processus de réunification

3.2.1.3. Le nombre d'ouvriers diminue, réduisant la base électoral traditionnelle du SPD

3.2.1.4. De 1993 à 1998, ce sont les conservateurs (droite) de la CDU qui dominent la vie politique

3.2.2. Les sociaux-démocrates reviennent au pouvoir en 1998 avec un programme libéral

3.2.2.1. Gerhard Schröder, élu chancelier en 1998, s'adresse d'abord aux classes moyennes

3.2.2.2. Le SPD mène une politique libérale en réduisant la protection sociale (diminution de la durée des indemnités chômage, baisse du salaire minimum)

3.2.2.3. Selon les sociaux-démocrates, il s'agit de sacrifices nécessaires pour permettre à l'Allemagne de faire face à la concurrence mondiale

3.2.3. En réaction à la politique libérale du SPD, une partie de l'électorat de gauche se tourne vers les Verts et l'extrême-gauche

3.2.3.1. Dès 1998 les sociaux-démocrates doivent gouverner avec les Verts

3.2.3.2. En 2007 est crée Die Linke ("La Gauche"), parti d'inspiration marxiste qui se veut une alternative à la politique libérale du SPD

3.2.3.3. Ces divisions de la gauche permettent à la droite (CDU) de remporter les élections : Angela Merkel est chancelière depuis 2005

4. Adrien Silvera