1. Tania aussi devient plus complexe à travers les événements de l'histoire - elle est en conflit entre le désir et la résistance au désir, et espère que sa belle-sœur, Simon, et son mari reviendront de la guerre. Suite à la mort de sa belle-sœur et de son fils, elle se replie sur elle-même et se tait. Elle se sent responsable de leur mort et est incapable de percer la forme brisée de la femme fatale.
2. La culpabilité du narrateur d'avoir survécu à travers les personnages de Simon et le frère imaginaire
2.1. Le narrateur se sent coupable d'être en vie. La mort de Simon a fourni les conditions de la naissance du narrateur.
2.2. Le frère imaginaire est la preuve de l'existence d'un traumatisme héréditaire. On ne peut pas réprimer le passé sans causer de douleur, d'instabilité, de confusion et de culpabilité.
2.2.1. p146 "Je ne pouvais naitre qu'à cette condition: sa vigeur cédait la place à ma fragilité et il s'enfoncait dans la nuit afin que je puisse voir le jour."
2.2.2. Le frère imaginaire est la personnification de la culpabilité du narrateur.
3. La culpabilité de Hannah et Tania?
3.1. A travers l'acte suicidaire de Hannah et son sacrifice de Simon, et plus tard, le suicide de Maxime et Tania, Grimbert nous présente une position nuancée sur la culpabilité, qui est rédemptrice mais n'absout jamais complètement
3.2. Hannah comme une Médée. Hannah est éperdument amoureuse de Maxime. La blessure que constitue le soupçon d’adultère est insupportable. Hannah semble prendre sa décision en toute conscience ; elle choisit de présenter les doubles papiers d’identité tout comme elle choisit de dire que Simon est son fils. Hannah choisit de sacrifier Simon pour punir Maxime. C’est une action préméditée ou spontanée ? Est-que l’argument de la jalousie condamne ou défend Hannah ?
3.3. Cependant- en tant que psychanalyste- il se peut que Grimbert l’auteur veuille dépeindre Hannah et Tania comme victimes plutôt que coupables. Tania- victime d’avoir été abandonnée par son père et de vouloir être aimée. Hannah= perdue, voir folle, à cause du fait qu’elle vient de perdre ses parents dans la Rafle et son frère Robert dans la guerre. Tout bascule- c’est elle qui est coupable ou plutôt les Nazis pour leur traitement inhumain des Juifs ?
4. L'importance de l'épilogue en ce qui concerne la culpabilité
4.1. L'épilogue sert à nous rappeler que la Shoah était le résultat des atrocités nazies, dont les Français étaient aussi complices, surtout, Pierre Laval. La culpabilité du narrateur d'avoir survécu le conduit à vouloir rendre hommage à Simon et aux milliers d'autres enfants qui ont vécu moins longtemps que les chiens du cimetière. Le message: il ne faut jamais nier ou cacher ses origines. La tentative d'enterrer les crimes du passé ne mène qu'à la culpabilité, au traumatisme et à la répression pour les victimes.
4.1.1. p186 "Ce livre serait sa tombe"
4.1.2. p180 Dans ses pages reposerait la blessure dont je n'avais jamais pu faire le deuil
5. Maxime voit son attirance pour Tania comme un « chätiment du ciel » (p. 140). Il en veut à sa femme d'avoir été imprudente (p. 142). Il ne sait pas ce qui s'est vraiment passé et ce qu'a découvert Hannah avant son départ. Il ressent une certaine colére envers sa femme et comme il ne sait pas que Tania est en partie responsable de son acte, il lui est difficile de résister.
6. Bien que le narrateur dise à son père qu'il n'était pas responsable de la mort de Simon ou Hannah, il n'a pas le pouvoir d'absoudre la culpabilité de Maxime. La confession de culpabilité doit être consensuelle, obligeant les deux parties à révéler leur douleur et leur culpabilité afin qu’on puisse avancer sans secrets. La culpabilité dans Un Secret est plus nuancée. Maxime ne se pardonne pas. Il se suicide et veut être incinéré, comme Hannah et Simon.
6.1. p164 "Il portait ses morts en lui."
6.2. p165 "sa volonté d'être incinéré"
7. Bien que Louise ne soit pas coupable, la confession et la culpabilité sont étroitement liées. La confession de Louise entraine une inévitable perte d'innocence pour le narrateur car l'histoire de Louise ramène la culpabilité du passé et de ses morts à la vie.
7.1. Trois morts surgirent de l'ombre, dont j'entendis les noms pour la première fois: Robert, Simon et Hannah p74
7.2. Il ne suffit pas de simplement avouer sa culpabilité. Par exemple, les détails et les dates de la disparition de Hannah et Simon que le narrateur découvre plus tard au mémorial de Klarsfeld ont peu de valeur signifiante au-delà de témoigner de la terrible vérité de l'Holocauste et de la culpabilité de l'implication de l'État français dans la déportation des Juifs. Louise reconstruit donc les événements tels qu'ils ont eu un impact sur la propre famille du narrateur afin que nous puissions interpréter les horreurs de la guerre de manière plus significative.
7.3. "Un qualificatif venait s'ajouter à ma liste: je n'étais plus seulement faible, incapable, inapte. A peine la nouvelle venait-elle de tomber des lèvres de Louise que déjà cette identité me transformait. Toujours le meme j'étais devenu un autre, curieusement plus fort." P73
8. Lien aussi au role du pyschanalyste. Le narrateur devient plus fort, adulte après la révélation du secret. L'importance du dialogue, de parler pour trouver une solution à sa culpabilité et au traumatisme hérité
8.1. p157 "Les révélations de mon amie ne m'avaient pas seulement rendu plus fort, elles avaient aussi transformés mes nuits.."
9. En ne lui avouant pas la vérité, Louise et Esther permettent à Maxime de ne pas culpabiliser et de s'ouvrir à Tania.
10. Le lien entre la culpabilité et la confession qui transforme les personnages
10.1. La culpabilité du narrateur d'avoir frappé le capitaine de l'équipe de football pour avoir ri à un film sur l'Holocauste l'amène à se confier à Louise. Elle profite ensuite de cette occasion pour avouer le secret coupable de ses parents: qu'ils avaient été beau-frère et belle-sœur.
11. La confession de Louise qui initie le narrateur à la culpabilité de la génération de guerre
11.1. La confession de Louise initie le narrateur à la culpabilité de la génération de guerre
11.1.1. "j'avais quinze ans et cette nouvelle changeait le fil de mon récit p74
12. La culpabilité de Maxime qui dure après la confession du narrateur et la révélation du secret
12.1. Suivant la mort d'Echo, le narrateur révele à Maxime le sort de Hannah et Simon. La culpabilité de Maxime à propos du chien le pousse à faire face à sa propre culpabilité et à son chagrin non reconnu. Le narrateur réinscrit la culpabilité du passé, en disant à son père que seule la politique Nazi est coupable d’avoir tué Simon et Hannah.
12.1.1. p171 "Il m'a dit qu'Echo était mort de sa faute. Je me suis entendu dire que c'était vrai, qu'il était responsable de cela, mais de cela seulement."
12.2. Cependant, Maxime est coupable d’avoir nié l'histoire et la mémoire, et par conséquent, les parents du narrateur avaient inconsciemment commis un acte pire que l'adultère: ils avaient égaré Hannah et Simon de mémoire et effacé les origines juives du narrateur.
12.2.1. p168 "ce que je venais d'apprendre, mon père l'ignorait."
13. La culpabilité de Maxime en ce qui concerne son rapport avec Tania.
13.1. Maxime «ne veut pas penser à l'injure qu'il fait à Hannah » P90. Tania, quant à elle, est attirée par lui mais ne l'aime pas, troublée et choquée par le regard échangé lors du mariage pp. 112—113 mais elle tente de ne pas penser à lui, elle méprise et le désire en méme temps (p. 113), elle dessine pour essayer de l'oublier: « Il occupe ses pensées plus qu'elle ne voudrait »
13.2. Enfin, elle prend la décision de rejoindre Saint Gaultier « elle verrait Maxime tous les jours » (p. 115)
13.2.1. Au début à St G, Maxime décide de résister à son désir, mais Tania lui est irrésistible. Seul l'absence de Hannah et Simon « dresse entre eux une barrière infranchissable. » (p. 139)
13.2.2. Pourtant, lorsque Maxime voit plonger Tania, « son désir renaît » (p. 143). Il enlace alors « la peau glacée de la nageuse qui s'offre à lui » (p. 143) Tania incarne la tentation mais aussi la mort - son corps froid.