1. Etat Français
1.1. La position de l'Etat français tout au long de cette controverse dépend de chaque acteur du gouvernement impliqué et fluctue au fur et à mesure de l'évolution des évènements. Par exemple en 2013, le cabinet du Premier Ministre a arbitré la décision d'abattage massif et indiscriminé de 233 bouquetins du Massif du Bargy. Et en 2014, la Ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie Ségolène Royale a demandé au préfet de Haute-Savoie de revoir sa stratégie de lutte contre la brucellose. Enfin, étant donné que le préfet est le représentant de l'autorité de l'Etat à l'échelle des territoires, on peut considérer que sa position est aussi celle de l'Etat français.
2. FNSEA
2.1. Présentation
2.1.1. Principal syndicat agricole en France
2.2. Arguments
2.2.1. Arguments : les bouquetins constituent un réservoir pour la maladie et risquent de contaminer les élevages bovins du secteur => risques pour les éleveurs (abattage du troupeau, pertes économiques) et pour la filière Reblochon.
3. Préfecture de Haute-Savoie
3.1. Présentation
3.1.1. Le préfet est le représentant de l'Etat à l'échelle des territoires. Il peut formuler des arrêtés préfectoraux autorisant l'abattage de bouquetins et fixant les effectifs à abattre ainsi que les méthodes employées.
3.2. Arguments
3.2.1. Arguments : les bouquetins représentent un réservoir pour la maladie ainsi qu'un potentiel vecteur de transmission vers les élevages bovins de la région et vers ses habitants. Il faut éradiquer la brucellose pour supprimer ce risque sanitaire et économique, et cela passe par l'abattage massif et indiscriminé des bouquetins du Massif du Bargy.
4. Producteurs bovins de la région
4.1. Présentation
4.1.1. Les principaux producteurs impliqués dans cette controverse sont les éleveurs de bovins et notamment les membres de l'AOP Reblochon.
4.2. Arguments
4.2.1. Arguments : risque de contamination des troupeaux par la brucellose donc risques de pertes (abattages des troupeaux, pertes économiques, menace pour la filière AOP Reblochon).
5. OUI
6. ANSES
6.1. Présentation
6.1.1. L'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail est un établissement public placé sous la tutelle de plusieurs Ministères de l'Etat français. Constitué d'experts scientifiques et disposant de laboratoires de recherches, l'un des principaux rôles de l'Anses est d'évaluer les risques sanitaires dans les domaines de l'alimentation, de l'environnement et du travail pour conseiller et guider la prise de décisions publiques.
6.2. Arguments en 2013
6.2.1. Le risque de transmission de la bactérie des bouquetins vers les élevages bovins est minime, le cas de contamination de 2012 était exceptionnel. De plus les données disponibles sur la dynamique de la maladie et des populations de bouquetins ne permettent pas de confirmer la nécessité de procéder à un abattage massif et indiscriminé.
6.3. Arguments en 2021
6.3.1. L'Anses fournit une comparaison de six scénarios de lutte contre la brucellose. Le scénario de l'abattage drastique et indiscriminé des bouquetins est jugé inefficace et potentiellement contre-productif. En effet, cette méthode risque de désorganiser les meutes de bouquetins et d'entraîner une propagation plus large et plus rapide de la maladie. Les individus sains risquent d'être abattus et ceux qui sont contaminés risquent de survivre, ce qui aboutit à un résultat contre-productif dans la lutte contre la maladie. Cela avait été le cas pour les abattages massifs et indiscriminés de 2013, à la suite desquels la prévalence de la maladie avait augmenté dans la population de bouquetins. En revanche, l'Anses a proposé plusieurs scénarios, jugés comme étant les "meilleurs compromis", basés sur des captures suivies de tests, afin d'euthanasier uniquement les bouquetins séropositifs à la brucellose.
7. CNPN
7.1. Présentation
7.1.1. Le Conseil National de Protection de la Nature : "le Conseil national de protection de la nature est l’instance d'expertise scientifique et technique, compétente en matière de protection de la biodiversité et plus particulièrement de protection des espèces, des habitats, de la géodiversité et des écosystèmes." Son rôle est de conseiller les prises de décisions publiques et de fournir un avis sur les projets de textes législatifs ou réglementaires, en terme de respect de la biodiversité.
7.2. Arguments en 2013
7.2.1. L'abattage massif des bouquetins, indiscriminé et réalisé dans l'urgence, n'est pas nécessaire pour éradiquer la brucellose. Le CNPN préconise d'avoir recours à un abattage limité aux individus contaminés par la maladie (capture et test des bouquetins), et cela pour une durée trois ans.
7.3. Arguments en 2021
7.3.1. La contamination de 2021 n'est pas forcément dû à une transmission directe par un bouquetin, il faut en premier lieu élucider l'origine de la contamination avant de procéder à des mesures d'abattage préventif. De plus, d'après la dynamique de la maladie dans le secteur, cette dernière devrait progressivement disparaître à condition de respecter certaines mesures de prudence. Enfin, l'abattage indiscriminé est contre-productif dans la lutte contre la brucellose, comme l'a montré l'épisode de 2013. En effet, cela désorganise les hardes de bouquetins et contribue à la contamination de davantage d'individus.
8. Associations de défense de l'environnement
8.1. Arguments des associations
8.1.1. Il est difficile de déterminer l'origine des contaminations, il semblerait par ailleurs que le cas révélé en 2021 ne soit pas lié à une contamination du bovin par un bouquetin (d'après le CNPN).
8.1.2. Des alternatives à l'abattage indiscriminé existent et sont approuvées par l’Anses et le CNPN : captures puis tests des bouquetins, suivie de l’euthanasie des animaux séropositifs. On peut également citer des mesures de biosécurité : “ségrégation des zones de pâture” afin d’éviter que les troupeaux domestiques et les populations de bouquetins ne se contaminent, parcages de qualité, élimination des pierres à sel et réduction de la divagation des chiens.
8.1.3. Le statut d’espèce protégée du bouquetin impose de fournir des garanties sur l’efficacité des actions permises par dérogation pour abattage. Or ce n’est pas le cas dans le cadre de cette controverse car des solutions alternatives plus efficaces ont été proposées par les scientifiques, l’Anses et les associations de défense de la nature.
8.1.4. D’après l’ANSES, la dynamique de la maladie indique qu'elle est en train de disparaître dans la population de bouquetins. Il n'est donc pas impératif de procéder à des abattages massifs et indiscriminés.
8.1.5. D'après le groupe d'expertise collective d'urgence (GECU), les cas de contamination ont constitué des événements ponctuels et accidentels rares.
8.2. One Voice
8.2.1. Association de défense des animaux. Elle a formulé des recours en annulation (ou fait partie des groupes d'association formulant un recours) auprès du tribunal administratif de Grenoble contre les arrêtés préfectoraux de 2018, 2019 et 2022 autorisant l'abattage indiscriminé de bouquetins dans le Massif du Bargy.
8.3. Animal Cross
8.3.1. Association de défense des animaux. Elle a formulé des recours en annulation (ou fait partie des groupes d'association formulant un recours) auprès du tribunal administratif de Grenoble contre les arrêtés préfectoraux de 2020 et 2022 autorisant l'abattage indiscriminé de bouquetins dans le Massif du Bargy.
8.4. FNE Aura et Haute-Savoie
8.4.1. France Nature Environnement : fédération régionale d'associations de protection de l'environnement.
8.5. LPO
8.5.1. La Ligue de Protection des Oiseaux est une association de protection de la nature qui se fixe comme objectif de contribuer à améliorer la connaissance et la conservation de la biodiversité, de préserver et gérer au mieux les espaces naturels ainsi que de sensibiliser et éduquer le grand public sur la préservation de l'environnement.