L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre en France depuis 1945

Commencez. C'est gratuit
ou s'inscrire avec votre adresse courriel
Rocket clouds
L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre en France depuis 1945 par Mind Map: L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre en France depuis 1945

1. I. LA DIFFUSION DU MYTHE RESISTANCIALISTE (1945-1969)

1.1. a) Une nation meurtrie et divisée

1.1.1. Libération: dégâts matériels, traumatisme moral, pertes humaines (500 000 victimes)

1.1.2. France divisée: Libération synonyme d'épuration (épuration sauvage et épuration légale en Juin et Août 1944)

1.1.3. Des procès s'ouvrent et on accuse d'avoir trahi la nation (pas de crime contre l'humanité). Il a des peine pour l'indignité nationale, des emprisonnement et des exécutions ( 300 000 dossier, 127 000 procès, 6 000 condamnations à mort mais 1 500 exécutés)

1.1.4. On juge des politiques, des responsable de Vichy (Pétin, Laval...) des intellectuelles (Brasillach), des fonctionnaires, des entreprises...

1.1.5. Pour certains, épuration trop sévère. Pour d'autre, trop clémente (dénoncent lois d'amnistie en 1947, 1951 et 1953

1.2. b) La construction d'une mémoire officielle dominée par la résistance

1.2.1. Pouvoir détenu par résistants Gaullistes et Communistes. Forgent une images positive, courageuse, combattante, patriote pour faire oublier la lâcheté de la collaboration et la défaite de 1940

1.2.2. Historiens inventes concept de résistancialisme (mythe d'une France entièrement résistante pendant la guerre). Concentrent leurs recherches sur aspect militaire et sur résistance.

1.2.3. 1951: création du Comité d'Histoire de la Seconde Guerre Mondiale

1.2.4. Gaullistes mettent en avant résistance extérieure autour de De Gaulle à Londres et reprochent aux Communistes de ne pas s'être engagés plus tôt

1.2.5. Communistes mettent en avant la résistance intérieure et se présentent comme le parti des 75 000 fusillés (chiffre exagéré

1.2.6. Symboles de la résistance s'imposent (croix de Lorraine, musées, lieux de mémoire) mais des personnages sont aussi mis en avant ( Jean Moulin, cérémonie au Panthéon le 19/12/64)

1.2.7. "Mémoires fortes et mémoires faibles" (Enzo Traverso)

1.3. c) Une mémoire sélective

1.3.1. Les souvenirs douloureux sont souvent refoulés

1.3.2. Vichy ( décisions déclarées nulles en 1944 par GPRF) "parenthèse qu'il faut refermer". En 1954, Robert Aron publie "L''Histoire de Vichy" mais il s'appuie sur des documents juridiques (thèse glaive et bouclier)

1.3.3. Mémoire des prisonniers de guerre est refoulée car rappelle la défaite

1.3.4. Les Malgré-Nous (Alsaciens/Lorrains) créer polémique (Ordour-sur-Glane). Procès de 1952 mène à amnistie mais France reste divisée sur le sujet

1.3.5. Travail sur STO réclament le statut de déportés du travail" mais ne l’obtiennent pas

1.3.6. Les victimes du génocide ne sont pas différenciées des déportés dans les camps de travail

1.3.7. On ferme les yeux sur la responsabilité de la France (gendarme Français dans Nuit et Brouillard en 1956)

1.3.8. Procès d'Adolf Eichmann en 1961 libère la parole et encourage à témoigner et les témoins permettent de comprendre la spécificité de la Shoah

2. II. LE REVEIL DES MEMOIRES (1969-1995)

2.1. a) Un contexte favorable à la libération de la parole

2.1.1. Mai 1968 provoque une remise en cause du discours officiel

2.1.2. 1969: démission de De Gaulle, le Gaullisme et le Communisme son affaiblis

2.1.3. A partir des années 70 les historiens accèdent plus facilement aux archives ( ils se déplacent plus, lois 1979)

2.1.4. Des thèses négationnistes émergent et sont diffusées dans les médias. Les négationnistes se présentent comme des révisionnistes

2.1.5. 1978: affaire Faurrisson

2.1.6. Déclaration Lepen en 1987

2.2. b) Une nouvelle perception des années noires

2.2.1. Il y a une nouvelle vision de Vichy et la France commence à se sentir coupable

2.2.2. "Le Chagrin et la Pitié", "Lacombe Lucien", Robert Braxton publie en 1973 "La France de Vichy et écrit que Pétin et son régime ont défendu un programme antisémite et xénophobe au-delà de ce que demandait l'Allemagne

2.2.3. On s’intéresse de plus en plus aux camps du territoire Français et aux déportés

2.2.4. Les manuels sont réécrits, les USA diffuse "Holocauste" en 1979, en 1985 sort "Shoah" où l'on peut entendre des témoignages de rescapés mais aussi d'Allemands. La loi contre imprescriptibilité des crimes contre l'humanité est votée en 1964. Création de l'association des "fils et filles de déportés de France" en 1979

2.2.5. Le concept de Vichysto-résistant apparaît (Mitterrand faisait fleurit la tombe de Pétain et gardait des liens avec des responsable de Vichy comme René Bousquet)

2.3. c) Une reconnaissance tardive des responsabilités française

2.3.1. 1969: Pompidou succède à De Gaulle et ne reconnait pas la responsabilité de la France dans le génocide

2.3.2. "Il faut tourner la page et la raison d'Etat doit primer sur les intérêts particuliers" (G. Pompidou)

2.3.3. 1974-1981: Giscard ne reconnait pas non plus la responsabilité de la France

2.3.4. 1975: fait supprimer le 8 mai

2.3.5. 1891: Mitterrand se rend à la commémoration de la rafle du Vel' d'Hiv' mais refuse de reconnaître responsabilité de la France

2.3.6. 16/07/1993: institut journée à la mémoire des victimes des persécutions raciste et antisémites

2.3.7. 1995: Chirac reconnait la responsabilité de la France mais insiste aussi sur ses actions héroïques

2.3.8. " La France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable" ; "Il y a une faute collective" (J. Chirac)

3. III. UN APAISEMENT DES MEMOIRES DEPUIS 1945?

3.1. a) Une mémoire de guerre recentrée sur celle des victimes

3.1.1. Depuis 1995, les victimes dominent la mémoire du conflit, leur parole est sacrée. La mémoire de la Shoah occupe une place centrale

3.1.2. 2002: UE fait du 27/01 une journée en mémoire de l'Holocauste. Multiplication des commémorations, les "héros" ont un rapport avec les victimes (les Justes)

3.1.3. On parle de Repentance à propos de la mémoire de guerre

3.1.4. Déclarations évêques en 1997 qui reconnait le silence de l'Eglise

3.1.5. "La SNCF était un rouage de la machine nazie 'extermination" (directeur SNCF en 2011)

3.1.6. Tendance à vouloir réparer les dommages

3.1.7. 1997: mission d'étude sur la spoliation des juifs. 1999: commission pour l'indemnisation des victimes de spoliation

3.2. b) La reconnaissance des mémoires jusque là occultées

3.2.1. Catégories de victimes continuent à luter pour faire reconnaître leurs souffrances

3.2.2. Les Oubliés de la mémoire (homosexuels) ; "Indigènes" en 2006 parle troupes coloniales ; Tziganes intégrés manuels en 2010 ; "les Malgré-Nous n'étaient pas des traîtres" (Sarkozy 2010)

3.2.3. Il y a quelque chose de positif car recherche historique avance mais il peut y avoir des "dangers" (concurrences)

3.3. c) L'historien face aux nouveaux enjeux mémoriels

3.3.1. Rôle de l'historien se heurte à des difficultés

3.3.2. Par rapport à justice: invités à témoigner lors de procès, certains acceptent, d'autres refusent

3.3.3. Procès Papon en 1997 divise les historiens

3.3.4. Par rapport au pouvoir politique: depuis 1990 on parle beaucoup de devoir de mémoire mais historien préfèrent "devoir d'Histoire"

3.3.5. 2007: Sarkozy veut faire lire la lettre de Guy Môquet dans les lycée mais pour certains historiens il n'était pas résistant

3.3.6. Lois mémorielles établissent vérité historique et répriment ceux qui la nient. 1990: Loi Gayssot condamne propos négationnistes