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Témoignages d'auteurs du 26° Festival du premier roman de Chambéry by Mind Map: Témoignages d'auteurs du 26° Festival du premier roman de Chambéry
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Témoignages d'auteurs du 26° Festival du premier roman de Chambéry

Yannick Grannec

Chère Chambéry, je me permets de te tutoyer : telle que je t'ai rencontrée, tu n'es pas bégueule. Chambéry, tu es une fête d'anniversaire surprise. On l'espère toujours un peu sans y croire vraiment. Et puis on rentre chez soi, la pièce s'illumine : tous les amis sont là. Pendant ces quatre jours de fête, tous les amis étaient là : les bénévoles, les lycéens, les retraités, les picoreurs et les stakhanovistes de la lecture ; ceux qui aiment les histoires et ceux qui collectionnent les mots ; ceux qui vous ont déjà lus et ceux qui vous gardent pour les vacances ; ceux qui ont l'indulgence de rire à vos blagues idiotes et ceux qui trouvent la question qui tue ; ceux qui n'aiment pas la fin et ceux qui vous racontent la suite. Des lecteurs. Tant de lecteurs, autant de cadeaux. Autant de raisons de continuer. Chambéry, je t'ai mangée, je t'ai bue, je t'ai lue, tu m'as lue. Tu m'as bien eue ! Chambéry, Véronique, Olivia, Raphaëlle, Daniela, Armelle, Paula, Antoine, Abeline et tous ceux que j'ai l'inélégance de ne pas citer, je vous remercie. Yannick Grannec

Véronique Merlier

P { margin-bottom: 0.21cm; } Ce sont des doigts de fée qui ont présidé au beau tissage qui nous attendait à Chambéry... Des fils aux couleurs profondes, savamment entremêlés, à l’image de l’impeccable « feuille de route » que nous consultions tous cinquante fois par jour, pour être sûr de rien oublier ! Quel art dans le mélange des matières et des couleurs... Des rencontres savamment orchestrées, des auteurs habilement appariés, une organisation discrète, délicate, bienveillante ! On n’en revient pas d’avoir été choisi. De faire partie de la même petite troupe : Olivier, Christophe, Pierre, Julia, Christel, Denis, Julien, Lydie, François, Yannick, Lancelot, Raphaël, Elisabeth, Makenzy. Même dans le train du retour, on n’en revient toujours pas. C’est comme un miracle d’avoir été si bien lu, avec tant d’attention et de ferveur, et on se dit un temps qu’on ne mérite pas tout cela : la voix tremblante de la lectrice qui se lance pour la première fois dans l’animation d’une rencontre, les confidences des lycéens, les mots ciselés des lecteurs du Burkina Faso, les paroles spontanées et chaleureuses des lecteurs tenant à la main leurs feuilles de notes soigneusement rédigées. Et les fils continuent de se tisser, en ces quatre très frais jours de mai, créant des motifs qu’on n’attendait pas, entre soi et les autres, entre soi et soi. On repart avec son petit écheveau bien serré au fond du cœur, et on se dit qu’il faut continuer, tisser encore... Mille mercis au festival de Chambéry, à son équipe, à ses bénévoles, à ses lecteurs, vous tous qui faites exister tous les ans ce moment unique et précieux.

Raphaël jérusalmy

P { margin-bottom: 0.21cm; } Chambéry, c'est un extraordinaire champ expérimental car, non seulement tous y découvrent hâtivement, et ensemble, les multiples facettes de la lecture et de l'écriture, mais aussi leur rapport entre elles. Auteurs trés différents, publics trés différents, interactions variées et souvent innovatrices qui font de ce festival un évènement unique en son genre et que je recommande même aux auteurs confirmés parce qu'il y a tant à apprendre. Sans oublier l'ambiance conviviale, sous laquelle on devine un énorme travail de réflexion et d'organisation, qui réussit à faire de nous tous, lecteurs, auteurs, libraires, une bande de camarades animés d'une même passion, les livres.

Christel Diehl

P { margin-bottom: 0.21cm; } Longtemps j’ai envié mes amis peintres du dimanche, qui peuvent exhiber leurs toiles sans excès d’impudeur ou de forfanterie. Recueillir si ce n’est un suffrage, du moins quelques avis. Pendant ce temps, seule avec mes mots, je doutais à chaque instant. Je pourrais même dire, avec le soupçon de grandiloquence qui caractérise les apprentis, que souvent j’avais froid. La chaleur n’est pas venue soudainement. Elle s’est approchée graduellement. D’abord véhiculée par ces lettres d’élèves et de détenus, reçues à la veille de Noël, comme autant de présents. Je n’ai rien osé attendre de plus, je m’en suis tenue là. Et puis en février est arrivé le message d’Olivia. Depuis lors, je fais fi des frimas. De l’hiver qui s’éternise. Ces derniers temps, je n’ai d’ailleurs aucun mérite : le 22 mai, j’ai fait escale dans un pays où le climat n’importe pas. Où il fait chaud même quand il fait froid. Un pays où j’allais rire, m’émouvoir, tisser des liens magiques, essayer de donner et tellement recevoir. Lecteurs, organisateurs, bénévoles, modérateurs, enseignants, jeunes cinéastes, amis chambériens, soyez pour toujours remerciés. Je m’étonne qu’au bout de vingt-six années de festival vous ayez, chevillées au cœur, toujours autant de ferveur, de générosité, autant de foi, quand il s’agit d’allumer pour des novices comme mes camarades et moi le cadeau royal d’un feu de joie…

Elisabeth Laureau-Daull

  Inventaire… Du 23 au 26 mai, à Chambéry, il y avait… Olivier et son chien, Christophe et son assassin, Pierre et Marcus, Julia et Viviane, Christel et son Game, Denis et son Arménie, Julien et Alice, Lydie et son amour fou, François et son sauvage, Yannick et sa déesse, Lancelot et sa guerre, Raphaël et Mozart, Véronique et son angle, Makenzy et ses immortelles… Avec mon syndrome, j’étais la plus vieille. Il y avait encore… Maria Pia, Elizabeth, Kerry, Florin, Vea, Joâo Ricardo, Javier etc… Il y avait… Véronique, Olivia, Raphaëlle, Daniela, plus toutes celles et tous ceux qui accueillaient, guidaient, animaient. Il y avait… Venus de loin parfois, des jeunes, des moyens, des plus vieux, tous lecteurs attentifs, passionnés et curieux. On était là grâce à eux. Il y avait… De l’amitié, de la joie, des échanges inattendus… bref, le festival comme je l’ai vécu. Il y avait aussi… Chambéry… avec sa montagne au bout de la rue, sa fontaine aux éléphants, ses libraires et leur chapiteau, son théâtre et la bataille de mots, son manège, ses restaurants, ses apéros… Et le froid, et la pluie, mais à l’hôtel des Princes, il faisait chaud et on nous prêtait des parapluies. Comment, en inventoriant tout cela, ne pas éprouver un peu de nostalgie ? Elisabeth Laureau-Daull (5 juin 2013)

Christophe Carlier

Entre nous   S’il est un moment qui a nécessairement échappé aux lecteurs comme aux organisateurs du festival, c’est celui du petit-déjeuner, sur lequel il faut bien se résoudre à lever le voile. Les plus matinaux s’installaient en solitaires au fond de la salle, qui se peuplait en douceur à mesure qu’apparaissaient François Garde, toujours disert, Pierre Chazal, toujours silencieux, Elisabeth Laureau-Daull, toujours royale… Les yeux mi-clos s’ouvraient lentement, puis se mettaient à pétiller sous l’effet du café et de la conversation : « Hier, quelqu’un m’a demandé si… », « J’ai retrouvé à une signature une personne que… » L’heure tournait. Les plus pressés partaient à leurs rencontres, tandis que les autres s’étiraient comme des chats. Le petit-déjeuner, c’est la coulisse du festival, le off, le déballage des doutes et des hésitations, le moment où l’on se chauffe la voix, avant les vocalises de l’auteur inspiré. C’est aussi la revanche des lève-tôt sur les noctambules. Dans la salle à manger de l’hôtel des Princes, si adaptée au tournage d’un reality-show, nous avons mesuré tous les matins les progrès de notre intimité à l’élévation progressive du niveau sonore. Dimanche, j’ai compris qu’il était temps de partir. Nous aurions fini par descendre en peignoir, par tremper notre tartine dans le café du voisin et par nous raconter nos rêves avec un grand luxe de détails indiscrets. Pendant ce temps-là, installés au théâtre ou à l’hôtel de Cordon, nos lecteurs auraient consulté discrètement leur montre en murmurant : « L’auteur est en retard. Il doit être en train de travailler à son second roman. »

Véa Kaiser