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Commun - Essai sur une révolution au 21e siècle - Pierre Dardot et Christian Laval, 2014 by Mind Map: Commun - Essai sur une révolution au 21e
siècle - Pierre Dardot et Christian Laval,
2014
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Commun - Essai sur une révolution au 21e siècle - Pierre Dardot et Christian Laval, 2014

thèse des auteurs : "le commun à instituer ne peut l’être que comme l’indisponible et l’inappropriable, non comme l’objet possible d’un droit de propriété ."

pour dépasser Marx et Proudhon, les auteurs proposent de penser un nouveau modèle théorique : l'institution du commun

« Cela suppose de ne pas s’en tenir aux postulats sociologique ou économique qui voudraient que le commun naisse « naturellement » soit de la vie sociale, soit de l’accumulation du capital. Il nous faut concevoir un autre modèle théorique du commun, qui rende mieux compte de la créativité historique des hommes et qui soit donc plus « opératoire » sur le plan stratégique. Cet autre modèle théorique part des pratiques collectives et des luttes politiques. Il les met au centre de l’analyse, il n’en fait pas seulement des « résistances » à la domination et des « contestations » de l’ordre, il les ressaisit théoriquement comme des sources d’institution et de droit. Car il nous semble temps de penser systématiquement l’ institution du commun  »

penser le commun comme ce qui se produit constamment

« Pour le dire de façon plus générale, et en allant bien au-delà de la lettre du propos aristotélicien, tout véritable commun politique doit son existence à une activité soutenue et continue de mise en commun . Ce point est pour nous fondamental. Il engage toute la compréhension que l’on peut se faire du commun comme institution, donc de l’institution elle-même »

c'est bien l'activité de mise en commun qui produit la délibération et pas l'inverse

repenser depuis le début la domination du concept de la propriété

« Pour opérer ce que nous avons appelé plus haut le « renversement dans la méthode », en quoi consiste le sens même de notre ouvrage, il convient d’examiner la longue histoire qui, depuis les Grecs, a littéralement étouffé la conception du commun comme dimension irréductible de la vie sociale. La propriété, qu’elle soit privée ou publique, s’est imposée comme médiation naturelle entre les hommes et les « choses » ainsi qu’entre les hommes eux-mêmes. Le commun, s’éloignant de son lien à l’agir, s’est mué en communauté substantielle et enveloppante, comme si ses « membres » ne pouvaient être considérés que comme parties d’un corps, naturel, mystique ou politique »

Selon eux, il faut jouer droit contre droit : refuser que la propriété soit le principe fondateur de tout droit

« L’analyse de Marx met au jour ce que Proudhon ne voyait pas : à savoir que la coopération est tout sauf spontanée, qu’elle est produite par le capital, que l’échelle de la coopération dépend toujours du montant du capital dans les mains du capitaliste, et ceci même pour les formes les plus simples de la coopération. Il en découle que l’exploitation ne peut être analysée comme le vol de ce qui existait préalablement ou de ce qui était produit en dehors du rapport entre capital et travail, c’est-à-dire une simple captation d’une force collective autonome, parce que cette force collective est en réalité organisée par le capital en fonction de ses besoins et de son développement. C’est le capital qui donne naissance à une coopération systématique, c’est lui qui produit les formes d’organisation du travail qui permettront d’accroître le taux d’exploitation par le biais de la coopération et du machinisme. En un mot, ce que Marx appelle le « vol du travail d’autrui » est beaucoup plus qu’un simple vol : il suppose la soumission et l’incorporation de la victime dans le système d’organisation du travail. »

on ne décrète pas une coutume il faut donc instituer du droit à partir de l'usage et non à partir de la propriété

« L’heure est aujourd’hui à la création de nouveaux droits d’usage venant imposer, via la reconnaissance d’une norme sociale d’inappropriabilité, des limites à la propriété privée et, en ce sens, un recul de celle-ci. Par conséquent, la question préjudicielle est celle de savoir par quelle pratique on peut inventer des règles de droit susceptibles de devenir à la longue des coutumes. C’est cette invention, on l’aura compris, qui est à nos yeux l’essentiel, et non la question, en elle-même dépourvue de sens, de savoir comment s’y prendre pour établir des coutumes, c’est-à-dire des manières de faire et d’agir. Personne ne peut en effet décider de la mise en place d’une coutume, pour la bonne et simple raison que personne ne peut inaugurer une coutume en vertu d’un choix ou l’édicter par un acte de type législatif. On ne décrète pas une coutume .  »

Le commun comme ordre juridique de la vie en commun (Proudhon) et constitution sociale

"Selon Proudhon, le rapport humain lui-même, « ce qui se fait entre les hommes », relève du droit. Il s’agit donc de construire un « ordre juridique de la vie en commun », extra-étatique, qui réglera les rapports entre les individus sociaux, un droit qui ne s’imposera pas d’un coup mais se développera progressivement à partir du sol même de la société. Pour résumer d’un mot l’ambition du projet proudhonien, on dira que la souveraineté du droit social doit l’emporter sur la souveraineté étatique. L’État doit se soumettre à la loi émanant de la société, la constitution politique doit, sinon se subordonner à la « constitution sociale », du moins être contrebalancée par l’organisation juridique propre de la société."

Propositions politiques

Proposition 1 : "Il faut construire une politique des communs"

« C’est dans une autre direction que nous proposons d’aller. Une politique du commun effective doit prendre acte du caractère mondial des luttes qui se mènent aujourd’hui, comme des interdépendances de toutes natures qui structurent nos univers de vie et de travail, notre imaginaire et notre intelligence »

la propriété n'est pas absolue, l'usage lui est confronté

Pour une institution démocratique de l'économie (Jaurès)

généralisation de la participation comme co-décision

Rompre avec le cadre institutionnel néo-libéral

Proposition 2 : "Opposer le droit d'usage à la propriété"

les droits d'usages doivent être délibérés pour en être véritablement

L'universalité d'un commun est de type pratique, elle n'est pas abstraite

il n'y a pas de choses communes ni de biens communs mais des communs parce que le commun est l'action sur la chose et non la chose

La garde de l'innapropriable doit se faire en commun

Proposition 3 : « Le commun est le principe de l’émancipation du travail »

revoir l'organisation concrète du travail en instituant une véritable participation

Proposition 4 ""il faut instituer l'entreprise commune

« Instituer tout autrement cet organe social qu’est l’ entreprise commune , pour reprendre la formule du Code civil, est donc un enjeu décisif pour contrer l’hégémonie de la forme capitaliste dans l’activité économique et dans la vie sociale. Organisation de production, elle doit être aussi une institution politique conforme à sa destination sociale, qui est de vendre des biens et des services sur un marché.  »

idée d'un gouvernement citoyen de l'entreprise

Proposition 5 "l'association dans l'économie doit préparer la société du commun"

Importance de l'ESS à condition de connecter objet social et modes de gouvernance...

... et de ne pas s'enfermer dans des petites expériences alternatives mais de passer à l'échelle et de revoir les politiques publiques

Proposition 6 "le commun doit fonder la démocratie sociale"

Se méfier de l'Etat

transformer les institutions par le commun

Proposition 7 "Les services publics comme institutions du commun"

« Il y a deux grandes leçons à tirer de l’événement. Premièrement, Lucarelli montre bien que la question des biens communs se pose à un double niveau, national et local. Il importe que la constitution ou un autre texte juridique fondamental fassent du « droit aux biens communs » un droit fondamental des citoyens. Il s’agit, par la déclaration de cette norme générale, de parer au danger d’une fragmentation, dans les localismes et les régionalismes, qui pourrait être exploitée par les ennemis des biens communs » « Deuxièmement, Lucarelli conçoit que, en dépit de la liste très traditionnelle des « biens communs » retenus, la Commission Rodotà, en les définissant par les droits fondamentaux des citoyens d’une collectivité qu’ils doivent satisfaire, par le libre développement de la personne et le respect des droits des générations futures, a cherché à modifier en profondeur le droit public dans la mesure où elle les rend inappropriables par un quelconque sujet de droit, fût-il public 32 . En ce sens, Lucarelli indique que la rupture a commencé avec la tendance réificatrice du droit occidental, même s’il n’en tire pas toutes les conséquences »

Généraliser la participation

Instituer un cadre juridique qui rend innapropriables les communs ni par le public ni par le privé

Proposition 8 "Instituer des communs mondiaux"

Partager le diagnostic d'un marché mondial des droits préoccupant

Prendre en compte la défense, la participation et la capacitation des citoyens

Proposition 9 "il faut instituer une fédération des communs"

prendre appui sur le fédéralisme entendu comme convention réciproque sans domination par opposition à la souveraineté

plaider pour un fédéralisme tel qu'esquissé par Arendt : pas de souveraineté et des comités multiples horizontaux sur la base de contrats réciproques

distinguer les communs sociaux-économiques propres à quelque chose à protéger (semences, fleuve) des communs politiques propres à un territoire et aux règles qu'il se donne

et instituer une citoyenneté mondiale non étatique

Fondements et critiques des théories proches

Le commun, une idée post-communiste

« En ce sens, ce terme de « commun » désigne non la résurgence d’une Idée communiste éternelle, mais l’ émergence d’une façon nouvelle de contester le capitalisme, voire d’envisager son dépassement. C’est aussi une manière de tourner définitivement le dos au communisme étatique. L’État, devenu propriétaire de tous les moyens de production et d’administration, a méthodiquement anéanti le socialisme, « qui a toujours été conçu comme un approfondissement de la démocratie politique et non comme son refus 10  ». Il s’est donc agi, pour ceux qui ne se satisfont pas de la « liberté » néolibérale, de frayer un autre chemin. C’est ce contexte qui explique la manière dont le thème du commun a surgi dans les années 1990, à la fois dans les luttes locales les plus concrètes et dans les mobilisations politiques de grande ampleur. »

critique d'un approche naïve de la connaissance en réseau spontanément partagée

« C’est donc en termes de « bataille » traversant tout le champ des nouvelles technologies qu’il faut aborder la question du commun de la connaissance en refusant tout prophétisme qui verrait dans la technologie numérique l’avènement inexorable d’une société libre »

critique de l'approche d'Elinor Ostrom comme une approche trop peu généralisable pour prendre une dimension politique

« En fait, le postulat de la diversité institutionnelle lui interdit de réfléchir à la possible constitution politique du commun comme rationalité alternative généralisable »

Pour Hardt et Negri dans Commonwealth, le commun devient un "spinozisme communisé" critiquable car il semble porter en soi sa propre résolution

« L’unité conceptuelle du commun est en fait donnée non à partir des réalités dont il prétend rendre compte mais sur la base d’un spinozisme « communisé » qui fonctionne comme clé universelle. L’être est affirmation et autodéveloppement d’une puissance : la nature, la vie sociale, le travail immatériel, les luttes sont des manifestations et des moyens de l’affirmation de cette puissance. Il suffit alors de poser que puissance et production sont identiques, qu’être et commun sont synonymes, pour soutenir un discours sur le commun comme principe transhistorique valant depuis l’origine des temps jusqu’à la société supérieure vers laquelle nous sommes en marche. » (...) « Reste qu’on peut se demander si tout cela ne mène pas à un certain quiétisme : pourquoi se démener pour inventer un autre monde si le capitalisme cognitif appelle nécessairement son dépassement en vertu de son propre mouvement interne et si « la nature n’est en fait qu’un autre nom pour le commun ? »

Critique de Hard et Negri qui attribuent selon eux à Marx ce qu'a apporté Proudhon. Pour les auteurs, nous sommes faces une extension du domaine du capital et non pas à une autonomisation du capital par rapport aux dynamiques spontanément sociales

principale critique au capitalisme cognitif : sous-estimer les nouvelles formes de soumission par l'intériorisation des contraintes de productions cognitives (démontré par la sociologie du travail)

« La principale critique qu’on peut lui faire est de sous-estimer l’encadrement et la direction du travail par les nouvelles formes de gouvernementalité néolibérale dans les entreprises et de confondre l’autonomie ouvrière et les nouvelles formes de pouvoir par lesquelles le capital façonne le procès du travail cognitif et les subjectivités. Ce n’est pas que les auteurs méconnaissent ce qu’ils appellent les « prescriptions de la subjectivité », c’est qu’ils ne les reconnaissent pas pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire les formes nouvelles de la subsomption du travail sous le capital qui passent par l’orientation souple et indirecte des conduites. » "L’erreur ne consiste donc pas à ignorer ces méthodes et ces formes d’emploi, mais à les considérer comme « extérieures à la production », alors qu’elles sont, au contraire, des modalités de soumission du travail intellectuel au capital parfaitement immanentes aux formes contemporaines du procès de valorisation du capital. C’est précisément parce que le capital a de plus en plus besoin d’extraire de la valeur à partir des ressources intellectuelles et psychiques qu’il déploie des techniques de contrôle plus « psychologiques » qui font assumer"

idées d'une prévalence de la connaissance (Proudhon)

capitalisme cognitif?

critique du capitalisme cognitif de Yann Moulier-Boutang = le "devenir rente" du capital qui cherche à par des enclosures un processus de production qui se pense en dehors de lui

Pour bien comprendre, être au clair avec les deux options qui ont divisé le socialisme le commun est-il spontané ou produit par le capital?

Selon les auteurs Proudhon a compris la force spontanée du social mais quand cette force est accaparée par l'Etat ou le capital elle ne créé rien., L'homme collectif de Proudhon est d'emblé pluriel, il n'est pas un atome, mais collectif, Proudhon = il y a une force sociale spontanée du commun = possibilité de court-circuiter le capital

Marx = il y a production historique du commun par le capital = le seul moyen, d'utiliser la force du commun est de changer le mode de production, Mais Marx considère contre Proudhon que c'est bien le capital qui catalyse la coopération pour la soumettre à l'accumulation et l'orienter pour ses propres besoins

cet carte des une Citamap : une cartographie d'un article à partir de citations

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